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Bâtonnat Paris 2020 : Interview d'Olivier Cousi et Nathalie Roret

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Le Monde du Droit a interrogé Olivier Cousi et Nathalie Roret, candidats au bâtonnat et au vice-bâtonnat du barreau de Paris pour le mandat 2020/2021.

 Pourquoi vous présentez-vous une nouvelle fois au bâtonnat ?

L’élection au bâtonnat de 2016 nous a énormément appris. Elle nous a renforcés dans nos convictions. Nous avons rencontré des centaines des confrères, de tous horizons : des représentants de nos institutions professionnelles et de nos syndicats, des avocats moins exposés à la vie institutionnelle du barreau, des avocats expérimentés et des avocats venant de rejoindre la profession. C’est une expérience extrêmement enrichissante.

Nous avons changé, évolué.

Nous avons beaucoup travaillé. Nous sommes de nouveau prêts. Et nous avons envie de faire bouger les lignes, en restant proches de tous les avocats, accessibles et disponibles.

Nos succès, mais aussi nos échecs dont nous tirons chaque fois un enseignement, nous ont rendus plus forts et plus combatifs.

Nathalie Roret et moi-même nous connaissons bien. Nous sommes complémentaires. Nous avons -aussi- su rester unis dans la défaite. Nul doute que nous le serons tout autant dans le cadre de ce mandat, que nous abordons avec enthousiasme et passion.

A aucun moment il n’a été question de se présenter l’un sans l’autre dans cette aventure extraordinaire qu’est l’élection au bâtonnat.

Cette volonté de nous investir aux côtés des avocats au service de la profession donne du sens à notre exercice professionnel.

Nous avons une très bonne connaissance des institutions et de leur fonctionnement. Nous savons distinguer entre ce qui est de l’ordre du réalisable à l’échelle du barreau et de la profession, et ce qui ne relève pas des pouvoirs du Bâtonnier.

Nos expériences professionnelles et ordinales nous ont donné cette envie de continuer, plus encore, plus fort, à nous investir pour l’avenir des avocats, pour un barreau de Paris fort, pour un service public de la justice digne de ce nom, pour des avocats épanouis, respectés, protégés.

Quels sont les principaux axes de votre programme ?

Nous les avons résumés en 9 points réalisables.

1 PROTÉGER LA COLLABORATION LIBÉRALE
• Une équipe dédiée : les Sentinelles de la collaboration, pour diffuser les bonnes pratiques et permettre de sanctionner les abus.
• Une assurance perte-collaboration généralisée dès la signature du 1er contrat.

2 -AIDER L’INSTALLATION
Un kit « Installation clé en main » :
• Modèles pour toutes les démarches administratives et contrats types.
• Propositions d’un audit des dépenses et des charges structurelles, d’un parrainage de l’installation par des spécialistes des structures et de la fiscalité, de coaching personnalisé d’aide au développement.

3 -REPRENDRE NOTRE PLACE AU TGI
• Une permanence quotidienne assurée par le bâtonnier, la vice-bâtonnière ou un représentant de l’Ordre.
• Liberté de circulation, aucune charte ou aucun code de bonne conduite imposé aux avocats.
• Le lien avec les magistrats recréé grâce à des espaces communs de rencontre.

4 -RÉUSSIR NOTRE FORMATION
• Un coût de formation maîtrisé pour retrouver un équilibre financier à l’EFB, les moyens actuels ne permettent pas une formation de qualité pour plus de 1 000 élèves.
• Un CAPA limité à un contrôle continu et à un examen final de déontologie sur la base d’un enseignement professionnalisant.
• Une formation continue facilitée par des outils numériques et cours en ligne.
• Une ouverture et une validation des formations internes organisées par les cabinets et réduction du prix d’accès aux Campus.

5 -ACCOMPAGNER LA TRANSFORMATION NUMERIQUE
• Pour l’Ordre: ouvert en Open Data, rendant accessibles à tous les avocats les rapports concernant la profession votés au CO / Ordres du jour du CO / Travaux des commissions ouvertes / Jurisprudence de l’Ordre…
• Pour les cabinets : un kit numérique incluant une assurance cyber-risque, une adresse email sécurisée, une formation et un accès mutualisé à des outils de gestion, de marketing et d’identité numérique sur Internet.

6-RENDRE NOTRE ORDRE INFLUENT ET RESPECTE
• Aider nos consœurs et confrères qui s’implantent hors de France et celles et ceux des barreaux étrangers qui travaillent à Paris et qui pourraient être impactés par le Brexit.
• Créer une doctrine du barreau de Paris en utilisant notre intelligence collective via les commissions ouvertes et les contributions de tous.
• Promouvoir cette doctrine par la mise à disposition d’avocats au sein des cabinets ministériels et la publication d’un rapport annuel.
• Solliciter nos consœurs et nos confrères spécialisés en lobbying.

7 - SOUTENIR AU QUOTIDIEN
• Une plate-forme unique accessible en ligne et centralisant les offres et demandes de locaux, vacations, dossiers, installation, collaborations, etc.
• Rendre effectif et promouvoir le congé paternité.
• Avancer les indemnités maternité aux cabinets pour limiter les difficultés de trésorerie.
• Recouvrement des honoraires : rendre exécutoires les décisions du bâtonnier jusqu’à 4 000 euros et affacturage.
• Renforcer l’équipe de l’assistance sociale de l’Ordre.
• Veiller à ce que les confrères en situation de handicap puissent exercer leur mission dans les meilleures conditions.
• La solidarité est la raison d’être de notre régime de retraite CNBF, elle doit être défendue.

8 - GARANTIR L’IMPARTIALITE
• Réforme de la procédure disciplinaire : création d’un parquet disciplinaire collégial et indépendant du CO et du bâtonnier, élu par l’ensemble des avocats.
• Généralisation des appels d’offres pour toutes les missions rémunérées par l’Ordre.
• Un ordre économe sur les frais de mission et de représentation.

9 - PROMOUVOIR L’EXEMPLARITE
• L’observatoire de l’égalité et de la parité fera remonter les bonnes pratiques et identifiera les discriminations.
• Le mode de calcul des cotisations RCP sera modifié.
• L’autorité de poursuite sera systématiquement informée en cas de comportements contraires à la déontologie. Des poursuites seront engagées et des sanctions prononcées le cas échéant.

Quels sont les dysfonctionnements à l'Ordre ? Que proposez-vous comme solution(s) ?

Il ne s’agit pas tant de dysfonctionnements que d’amélioration de la réactivité, de l’efficacité et de l’impartialité des services de notre Ordre. Ce sujet est longuement évoqué dans toutes les publications professionnelles et publiques. Il encourage l’abstention massive et fissure notre solidarité.

L’ordre est de plus en plus perçu et voulu comme un prestataire de services. C’est légitime et doit pouvoir se combiner avec le respect des missions que lui confie la loi et sa nature politique.

Nous savons pouvoir compter sur des équipes dévouées et compétentes pour soutenir et accompagner au quotidien nos confrères et pour mettre en œuvre les propositions de notre programme. Il conviendra de les renforcer.

Vous avez pu remarquer que nos propositions impliquent un recours développé au numérique. A cet égard, le « choc numérique » doit être utilisé à notre avantage pour créer les accès utiles en ligne aux services de l’ordre, par exemple pour centraliser les offres et demandes de locaux, les vacations, les dossiers, l’installation, les offres de collaborations, etc.

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ?

Notre plus ? C’est l’électeur qui le décide.
Nos confrères vont choisir ceux qu’ils pensent être les plus à même de faire évoluer notre Ordre et de promouvoir les intérêts des avocats du barreau de Paris. Nathalie et moi sommes respectueux de leur vote. Nous leur proposons ce que nous pensons réaliste et réalisable avec comme impératif la solidarité entre tous et la réussite de chacun.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)