Avocats et juristes d’entreprise : quel avenir dans le marché du droit ?

Avocat
Outils
TAILLE DU TEXTE

Les Rencontres Business du Monde du Droit ont eu lieu le jeudi 29 mars 2018 au Grand Hôtel Intercontinental Opéra à Paris. A cette occasion, la conférence plénière s’est intéressée à l’avenir du marché du droit, confronté notamment à la transformation digitale des fonctions juridiques et aux nouveaux acteurs que sont les LegalTech.

Transition numérique, intelligence artificielle, concurrence des LegalTech… Nombreux sont les défis à relever pour les juristes – avocats ou en entreprise – d’aujourd’hui et de demain ! La conférence plénière des Rencontres Business du Monde du Droit s’est attardée sur ces questions le 29 mars 2018 dans le cadre prestigieux du Grand Hôtel Intercontinental Opéra de Paris, avec les interventions remarquées de Clarisse Berrebi, Avocate Fondatrice, Bold Avocats, Benedicte Wautelet, Directeur juridique du Groupe Figaro, Jean-Marie Valentin, ancien avocat désormais Président de la LegalTech Séville More Helory et Marc Mossé, Vice-Président de l’AFJE.

La transformation digitale des fonctions juridiques est un « un enjeu de transversalité, de compétitivité et de place »

Jean-Marie Valentin a évoqué les enjeux de la transition numérique pour les juristes : « Nous vivons des modifications profondes qui touchent fondamentalement les hommes et les femmes que nous sommes dans notre environnement de travail. » 

Selon lui, la transformation digitale n’est pas seulement affaire de technologie mais engage un repositionnement complet des juristes dans leur environnement professionnel. Elle reflète un triple « enjeu de transversalité, de compétitivité et de place. »

Transversalité, car les fonctions juridiques sont « nodales », à savoir qu’elles irriguent et sont tout à la fois irriguées par l’ensemble des composantes de l’entreprise, la transition numérique devant alors s’envisager selon un point de vue global et systémique.

Compétitivité, dès lors que la capacité d’une équipe à proposer aux opérationnels un contexte juridique de meilleure qualité – grâce au numérique – apporte un indéniable avantage concurrentiel. Enfin, enjeu de place, car la transformation digitale peut être l’occasion de promouvoir le droit continental face au droit anglo-saxon.

Changement en trois dimensions : business model, relation client et organisation

Le Vice-Président de l’AFJE Marc Mossé a ensuite décliné la transformation digitale en trois dimensions, trois aspects qui selon lui peuvent trouver écho aussi bien dans les directions juridiques que dans les cabinets d’avocats.

La transition numérique appelle tout d’abord un changement dans les business models, avec un curseur à établir entre les tâches mécaniques pouvant être confiées à une IA ou un robot et les missions plus stratégiques, à forte valeur ajoutée, relevant de l’« intelligence réelle » des juristes.

La transformation digitale offre également selon Marc Mossé l’opportunité de repenser la relation client notamment sur le plan économique : quel prix est-on prêt à verser pour quelle prestation ? Au sein de l’entreprise, la question se posera sous l’angle de l’optimisation du service juridique rendu aux opérationnels. Enfin, au niveau de l’organisation, la transition numérique obligera les équipes à gagner en « agilité » et à travailler « de manière plus collaborative ».

« L’opportunité de la transformation digitale est une manière pour nous de réinventer nos métiers », avocats ou juristes d’entreprise. « Le juriste de demain, le juriste augmenté sera un juriste plus heureux ! » a conclu Marc Mossé.

Hugues Robert