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Quelle place pour le handicap dans la profession d'avocat ?

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Droit comme un H !, collectif créé en 2017 actuellement en cours de transformation en association de la loi de 1901, a réalisé du 25 avril au 15 juillet 2019 sa première enquête terrain sur la place du handicap dans la profession d’avocat en réponse à un constat : les métiers du droit sont peu mobilisés pour l’intégration des collaborateurs en situation de handicap.

L’objectif consistait à dresser un état des lieux avant le Grenelle du Conseil National des Barreaux se tenant le 28 juin dernier. Pour ce faire, 150 formulaires électroniques ont été adressés aux premiers cabinets d’avocats par les effectifs opérants en France. Sur la totalité, seuls 11 cabinets ont répondus (l'équivalent de 1628 questionnaires complétés). Si l’enquête ne prétend pas être représentative, elle cherche à restituer les résultats le plus fidèlement possible en les éclairant de commentaires recueillis pendant le processus.

Un manque d’intérêt apparent pour la problématique du handicap

L’enquête ne laisse transparaître ni discrimination positive, ni discrimination négative à l’égard des personnes handicapées dans les métiers du droit. Si 54% des cabinets interrogés ont mis en place une politique RSE, la plupart sont focalisées sur des problématiques environnementales ou de genre. Idem concernant les initiatives en matière de diversité et inclusion : la grande majorité s’intéressent à l’égalité hommes-femmes face aux opportunités de carrière, à la liberté de croyance, de pensée, ou encore à la cause LGBTQ+. Pas de place pour le handicap dans la perception de la diversité et de l’inclusion, donc. Et pour cause : la majorité des avocats ne bénéficie d’aucune formation à ce sujet.
Toutefois, l’enquête met en lumière le fait qu’une grande partie (63%) des cabinets interrogés n’ont pas eu l’occasion de recruter un.e collaborateur.rice en situation de handicap et que ceux l’ayant fait en sont grandement satisfaits. 

L’amélioration du processus de recrutement ne repose pas que sur les recruteurs

72% des cabinets ayant répondu déclarent ne pas avoir de processus spécifique pour identifier des talents en situation d’handicap, ni même appliquer un processus adapté à ces candidats. D’après 70% des collaborateurs, une sensibilisation à la problématique du handicap serait la bienvenue du côté des entreprises. Rencontre, formation, information, mise en situation… Les alternatives sont nombreuses. Néanmoins, le dysfonctionnement n’est pas complètement imputable aux professionnels du droit. Du côté des personnes en situation de handicap, il faut pousser les jeunes à atteindre les niveaux demandés en entreprise. Une autre stratégie doit s’imposer : « investir » aujourd’hui dans des jeunes handicapés qui ne sont pas encore dans le monde du travail, et leur permettre demain de devenir les talents que les entreprises rechercheront et intégreront.

A l'issue du Grenelle Droits & Handicap qui s'est déroulé le 28 juin 2019, le Conseil National des Barreaux a également fait des propositions : obligation de formation des professionnels du droit au handicap, formation des professionnels du droit aux spécificités du contentieux du handicap, édition d'une charte « avocats et handicaps » prévoyant un module de formation de base et un module de formation approfondie, accessibilité des lieux de justice, des accompagnants professionnels, etc...

La totalité des cabinets affirment vouloir améliorer leur démarche d’inclusion dans leur organisation. Il s’agit dorénavant de briser l’idée répandue selon laquelle handicap et performance ne sont pas compatibles. Prochain état des lieux en 2020.

Alice Magar